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Si Mohamed au travail...
Si Mohamed au travail

Le tourneur sur bois
Cet affable grand père de 72 ans est un homme très occupé. Il est 11h15, Si Mohamed revient du marché avec deux grands sacs noirs pleins de légumes ; seule la menthe signale sa présence par son odeur puissante. Il confie ses emplettes à ses deux petits enfants qui gardaient son échoppe pendant son absence. Si Driss aussi attend : il est forgeron. Il fait des outils pour les artisans qui sculptent le plâtre. Il vient chercher les 100 manches en bois de laurier dont il a besoin. Il tient à la main un paquet de dés à coudre qui lui serviront de bague pour tenir la lame de l’outil. La transaction se fait en moins d’une minute .pas de contrôle de qualité ou de quantité: Si Driss est un habitué et la confiance règne !!

Fabricants d’araires, de peignes en corne ou de rouets, ces métiers hors du temps ne perdurent que parce que des hommes s’entêtent à les pratiquer. Après Si Hammad, plus de peigne en corne, après Si Mohamed plus de manches d’outils tournés à la main de façon traditionnelle.

Si Mohamed nous explique qu’il travaille des bois tendres comme le laurier, l’olivier sauvage ou le jujubier. Il fabrique des manches pour des outils de bijoutiers, pour des alènes de cordonniers ou pour les poinçons des brodeuses de babouches. Tout en parlant, il installe une tige de laurier sur le tour fixé sur le sol, il se saisit d’une sorte d’archet dont les crins sont remplacés par une ficelle qu’il enroule autour de la tige et qui va donner le mouvement au tour. De la main droite, Si Mohamed actionne « l’archet ». Avec un ciseau dans la main gauche, il façonne un manche. Le pied droit lui sert à stabiliser le ciseau et le gauche à caler le tour…du grand art !!!

Si Mohamed est l’un des derniers fabricants de rouet, mais de cela il nous en parlera dans un moment : il est midi, l’heure d’aller ouvrir la porte de la mosquée et d’appeler les fidèles à la prière de Dohr. Quarante minutes plus tard, le voici de retour. Il prend le temps de nous confier que, de temps en temps, il répare ou fait de nouveaux rouets. Il fabrique puis assemble les 34 pièces nécessaires à l’élaboration du rouet.

Les femmes et le Rouet
Les rouets fabriqués par Si Mohamed sont toujours des outils de travail pour un certain nombre de femmes dans la Médina. Au printemps, elles achètent de la laine provenant de la tonte des moutons. Elles la lavent avec une herbe « tighirecht », la sèchent soigneusement étalée sur les terrasses. Pour l’assainir et la teinter légèrement, elles la posent sur une grande cloche en roseau placée au dessus d’un brasero où se consument du charbon de bois et du soufre. La laine est ensuite cardée puis filée au rouet. Elles forment ainsi de volumineux écheveaux. Autrefois, il existait un souk spécialisé dans la vente de la laine filée : le souk Laghzal. Aujourd’hui, les femmes vendent directement leur production aux tisserands. Les étoffes tissées avec cette laine servent pour les djellabas de grande qualité.

 

 

 

 

 

 

 

Commande de manche de Si Driss

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Poinçons finis par Si Driss
Rouet
Rouet et laine filée