









Tout près du Palais Jamaï, dans un minuscule atelier, c’est là que, depuis près de 40 ans, Si Hammad travaille la corne. Ce n’était pas le métier de son père, mais il avoue avoir été fasciné dès l’âge de 9 ans par le travail d’un fabricant de peignes.
Des tas de cornes de bœufs de 2 à 4 ans attendent d’être transformées. Si Hammad est allé les acheter dans les tanneries et les abattoirs de Fès, Meknès, Kénitra et même Tanger. Il remarque qu’il lui est de plus en plus difficile de trouver de la matière première, la corne servant aux « créateurs » de Marrakech pour la décoration des chaussures, des meubles…
Assis sur une peau de mouton, derrière un « établi » (le front d’un crâne de bœuf), Si Hammad commence une fourchette. Il immobilise le morceau de corne aplani dans un étau qu’il a lui-même fabriqué. Il dégauchit au ciseau la partie brûlée, ébauche la forme de la fourchette, enlève à la scie des triangles de corne pour dessiner les dents. Commence alors un long travail de mise en forme. L’artisan chauffe la fourchette directement sur la flamme d’un petit réchaud à gaz, modèle la courbure à mains nues puis trempe l’objet dans un seau d’eau froide. Si Hammad recommence ces gestes lents, précis jusqu’à ce qu’il estime que la fourchette est prête à être limée. Le polissage final est effectué avec de la cendre. Au total, 21 étapes sont nécessaires pour réaliser une fourchette. Il faut une journée pour faire une cuillère et une fourchette ou un chausse-pied, 1h30 pour un peigne en forme d’oiseau. L’artisan fait aussi, entre autres, des barrettes, des bracelets et des pendentifs…
Les outils sont rudimentaires, le travail difficile (maintenant ses mains sont couvertes



